Dur est le retour du Brésil. Le 22 décembre je passe un nouveau scanner. Les résultats du 30 décembre sont vraiment mauvais, je vois très noir. Ca dit:

« Nette majoration en taille de la masse tumorale spiculée au contact de la partie inférieure de la rangée d’agrafes de la wedge résection au sein de la partie apicale du lobe inférieur droit restant mesurée ce jour à 32 x 40 x 35 mm contre 24 x 28 x 22 avec apparition de quelques micromodules satellites. »

Il ne faut pas tarder. Un traitement au Tarceva est décidé. Ce médicament coûte 3500 CHF la boîte de 30 comprimés. Je commence donc le traitement le 2 janvier 2012. Les effets secondaires sont désastreux ! Je suis couvert de boutons qui démangent terriblement. Après 8 jours, il est décidé de stopper le traitement.

Les effets du Tarceva. Le même nombre de boutons dans le dos et sur le crâne !

 

La situation est grave. Je demande et insiste pour qu’on m’ôte enfin ce poumon. On ne m’a pas, pour l’instant, confirmé la présence de métastases. Un entretien avec le professeur X. est agendé le 16 janvier 2012. Je suis dans un tel état de délabrement après le Tarceva que je ne m’y rends pas, mes sœurs me représentent. Le tableau peint par mon oncologue et son chef, le professeur X. est noir. Pour le professeur X., on est face à une maladie systémique avec de fortes présomptions de métastases au foie (ce qui est une nouveauté pour moi). Il certifie que « ce serait une erreur médicale que de m’opérer ».

La notion de maladie systémique m’est inconnue. Par chance, une connaissance de ma soeur est un très éminent professeur de médecine du CHUM (centre hospitalier universitaire de Montréal). Il suit mon dossier médical à distance et donne son avis si nécessaire. Sa définition d’une maladie systémique est la suivante :

« Une maladie systémique est une maladie qui atteint tout l’organisme même si on a aucune évidence qu’elle est active on part du principe qu’étant donné l’aspect histopathologique (examen au microscope) du tissu obtenu à la chirurgie, type adénocarcinome, elle est disséminée dans tout l’organisme.
Donc cela ne sert à rien, toujours selon les oncologues, d’aller
chirurgicalement enlever un micronodule restant, puisque même en
l’enlevant chirurgicalement, la maladie reste systémique. Ont-ils raison ? en partie oui…l’adénocarcinome a un pronostic sévère. Mais quand il y a une évidence qu’on a un tissu visible avec une imagerie (micronodule), il faut l’enlever car c’est ce qu’on a sous les yeux. Et le principe de base en oncologie chirurgicale est d’enlever tout ce qui est enlevable si les conditions opératoires le permettent (fonction pulmonaire, opérabilité etc..). »

Depuis octobre 2011 je lutte afin qu’on m’enlève ce poumon. Je n’essuie que des refus. Un chirurgien de l’hôpital cantonal m’avait prévenu que tant que le professeur X. n’approuvera pas l’opération, cette dernière ne sera pas réalisée. Je me retrouve face à un véritable problème, la seule alternative se présentant étant de continuer des traitements de chimiothérapies lourds en espérant une diminution de la tumeur.
Je multiplie les appels du pied et les rencontres pour que cette opération se réalise, sans succès. Je revois le chirurgien de l’HFR qui me propose de demander au chirurgien du CHUV (réputé agressif) s’il envisageait une opération, sans succès.
Parallèlement, j’ai pris contact avec la doctoresse qui avait tenté la biopsie par système de navigation électromagnétique. Elle accepte de me rencontrer pour un second avis médical !

Un second avis médical…