L’opération ayant, suite aux nombreuses analyses et au diagnostic en résultant, été décidée, je suis hospitalisé à l’HFR Fribourg du 28 octobre au 6 novembre 2009 pour y subir une thoracotomie exploratrice droite, bilobectomie supérieure et moyenne le 29 octobre 2009. Vous remarquerez que j’utilise expressément la terminologie médicale !
Le poumon gauche a deux lobes, car la place est occupée par le coeur, le poumon droit en a trois. Première chance dans mon malheur, la tumeur a choisi le poumon avec le plus de lobes. L’opération a pour but d’enlever le lobe du haut et du milieu. A noter que le lobe inférieur est plus grand que ce que montre l’image, car il est en partie sur la face arrière.
Le chirurgien, ou plutôt le professeur de médecine, qui va m’opérer vient d’un autre hôpital, les HUG (Hôpitaux Universitaires de Genève) et est très réputé, ce qui me rassure à moitié. Il s’agit en effet de ma première hospitalisation et j’ai, comme on dit, le trouillomètre à zéro ! J’ai peur des douleurs éventuelles, ce qui s’avérera par la suite complètement infondé.
On me pose en effet avant la narcose complète une péridurale d’une efficacité incroyable. Cette dernière endort précisément la cage thoracique au niveau des côtes atteintes et annihile toute douleur par la diffusion des médicaments nécessaires.
Cette péridurale reste en place jusqu’à l’enlèvement des deux drains. Ces drains sont source de douleur car ils traversent les côtes.
L’opération se déroule admirablement bien et dure, si mes souvenirs sont exacts, environ 3 heures. 12 ganglions périphériques sont également extraits.
Sur l’image suivante on aperçoit la cicatrice de l’opération, celle d’un drain ôté ainsi que le drain restant. C’est assez impressionnant mais sans douleur, heureusement

Les lobes extraits sont envoyés en laboratoire le jour même pour histologie et permettent d’établir un diagnostic précis: adénocarcinome pulmonaire du lobe supérieur droit et moyen en stade pT2 N0 (0/12) M0 G2 R0.
Cette succession de chiffre a une signification très précise:
pT2 : envahissement de la musculeuse.
N0 : pas d’adénopathie régionale métastatique. Autrement dit, les 12 ganglions (0/12) extraits ne sont pas atteints.
M0 : absence de métastase à distance.
G2 : les cellules sont un peu comme les cellules normales (appelé modérément différencié).
R0 : berges de résection microscopiquement indemnes de tumeur résiduelle.
Le diagnostic me laisse plein d’espoir car il me fait croire à la guérison totale de la maladie. En d’autre terme, j’ai du bol dans mon malheur. La suite, hélas, n’est pas si simple…
Il est décidé, c’est le protocole oncologique de cette maladie, d’une chimiothérapie adjuvante.
